Avant de prendre les rênes d’EXFIN EOLIS Investment Capital, Léopold Tchako Moungoue a forgé son leadership au cœur des secteurs clés qui motricent l’économie africaine. Son parcours d’analyste et de haut dirigeant l’a mené à piloter des directions stratégiques dans des industries aussi exigeantes que le BTP, la logistique, la communication, le secteur bancaire, et celui, hautement stratégique, de l’énergie.
Cette riche trajectoire multisectorielle lui confère une vision d’une rare acuité : il ne conçoit pas le financement de manière théorique, mais avec la précision de celui qui maîtrise les flux d’approvisionnement, les réalités des grands chantiers, les leviers d’influence, la rigueur du crédit bancaire et l’ingénierie des infrastructures énergétiques de pointe.
Aujourd’hui, en tant qu’Associé Directeur Général, Léopold transforme ce capital d’expériences en un avantage stratégique unique pour EXFIN EOLIS, bras armé du groupe EB-Partners dédié à l’ingénierie financière et au conseil stratégique. Diplômé de l’ESC Marseille et expert en intelligence économique, il combine cette maîtrise opérationnelle à une ingénierie financière de haut niveau pour structurer des solutions de financement sur-mesure, capables de propulser les champions industriels et énergétiques de demain.
Bonjour M. Tchako. Avant d’entrer dans le vif du sujet, pouvez-vous nous parler de votre parcours ? Qu’est-ce qui vous a conduit vers la création d’EXFIN-EOLIS ?
Mon parcours est celui d’un passionné de la finance structurée qui a compris très tôt que le déficit de financement en Afrique n’était pas seulement un manque de capitaux, mais surtout un défi de structuration. Après avoir forgé mon expérience dans le conseil, la vision de créer EXFIN-EOLIS est née d’une volonté simple : offrir aux champions locaux une expertise aux standards internationaux pour transformer leurs projets en actifs “bancables”.
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Nous ambitionnons d’être le cabinet de référence qui accompagne l’émergence des licornes industrielles camerounaises
Pouvez-vous nous présenter cette unité ?
EXFIN-EOLIS est le bras armé du groupe EB-Partners Group dédié à l’ingénierie financière et au conseil stratégique. Nous nous positionnons comme un pont entre les porteurs de projets ambitieux et les sources de capitaux (banques, fonds d’investissement, DFIs). Nous ne sommes pas de simples consultants, mais des partenaires de croissance.
Nous ambitionnons d’être le cabinet de référence qui accompagne l’émergence des licornes industrielles camerounaises. Notre rôle est d’être l’architecte financier de la transformation structurelle de notre économie.

Neuf ans après le lancement, quel bilan tirez-vous de cette aventure ?
Le bilan est celui de la maturité. En neuf ans, nous avons réussi à instaurer une relation de confiance avec les institutions financières de la sous-région et internationales. Nous avons mobilisé des dizaines de milliards de FCFA pour des entreprises locales, prouvant que la rigueur méthodologique finit toujours par payer.
Parmi toutes les missions que vous avez menées, y en a-t-il une qui résume particulièrement bien ce qu’est EXFIN-EOLIS ?
Sans citer de client spécifique par souci de confidentialité, je pense à une mission de restructuration de dette pour un acteur industriel local. Nous avons réussi à transformer une situation de trésorerie critique en une levée de fonds pour extension. C’est ce passage de la “survie” à la “croissance” qui incarne le mieux notre ADN.
Vous intervenez sur des secteurs très différents. Si vous deviez identifier les trois secteurs les plus stratégiques pour l’Afrique dans les années à venir — ceux où les besoins de financement sont les plus urgents et les opportunités les plus réelles — lesquels retiendriez-vous ?
Trois secteurs dominent :
- L’Agro-industrie, pour la souveraineté alimentaire.
- L’Énergie et les Infrastructures, socles de toute industrialisation.
- Le Digital/Fintech, qui accélère l’inclusion financière.
Sur quels segments avez-vous été le plus actif en matière de mobilisation de capitaux — et pourquoi ces segments-là plutôt que d’autres ?
Nous avons été particulièrement actifs sur le Corporate Finance et le financement de projets industriels. La raison est simple : l’Afrique centrale est en phase de transformation structurelle et le besoin de transformation locale des matières premières nécessite des investissements lourds en actifs fixes (CAPEX).
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Mobiliser des capitaux en Afrique centrale reste un parcours du combattant pour beaucoup d’entreprises. Quels sont, selon vous, les obstacles structurels les plus sérieux — ceux qui freinent réellement le passage à l’acte des investisseurs ?
Le principal défi reste la qualité de l’information financière. Beaucoup d’entreprises ont une gestion encore trop informelle ou peu transparente, ce qui crée un “risque de crédit” perçu comme trop élevé par les investisseurs, malgré la rentabilité réelle des activités.

Et du côté des entrepreneurs eux-mêmes — quels sont les freins les plus récurrents que vous observez chez les porteurs de projets qui frappent à votre porte ?
Le manque de préparation et la résistance à l’ouverture du capital. De nombreux entrepreneurs craignent de perdre le contrôle et ne comprennent pas qu’il vaut mieux posséder 40% d’une entreprise florissante et structurée que 100% d’une PME qui stagne par manque de moyens.
Pour finir, quel conseil donneriez-vous aujourd’hui à un jeune entrepreneur ou à un dirigeant qui souhaite préparer son entreprise à une future levée de fonds ?
Soignez votre comptabilité dès le premier jour. Un projet brillant avec des chiffres flous ne sera jamais financé. Soyez résilients, car le chemin vers le capital est un marathon, pas un sprint. Enfin, entourez-vous d’experts : un bon conseil coûte cher, mais une erreur stratégique coûte une entreprise.