Peu de Camerounais peuvent revendiquer une telle trajectoire dans l’univers douanier mondial. Pendant plus de trente ans, Samson Bilangna a occupé plusieurs postes stratégiques au sein de l’administration des douanes camerounaises, pilotant notamment d’importantes réformes de modernisation. Son expertise le conduira ensuite à l’Organisation mondiale des douanes, où il passera une décennie à accompagner des administrations à travers le monde et à conduire plus d’une centaine de missions d’assistance technique et de renforcement des capacités.
En 2022, son parcours manque de connaître une consécration historique lorsqu’il porte la candidature du Cameroun et de l’Afrique au poste de Secrétaire général adjoint de l’Organisation mondiale des douanes. Battu de peu à l’issue d’une élection disputée, il choisit pourtant une autre voie : rentrer au pays. Alors que plusieurs opportunités internationales s’offrent à lui, il décide de mettre son expertise au service des entreprises africaines en rejoignant EB-Partners Group, où il dirige aujourd’hui EB-Partners Douane, premier cabinet d’expertise douanière agréé CEMAC.
Bonjour M. BILANGNA. Une petite présentation ?
Pur produit des écoles et universités camerounaises et françaises, je suis actuellement Expert en Douane Agréé CEMAC et Associé-Gérant du Cabinet d’expertise douanière agréé CEMAC, EB-PARTNERS DOUANE, membre du Groupe EB-PARTNERS et de l’International Fiscal Association (IFA). Cette position privilégiée que j’occupe aujourd’hui est le couronnement d’une carrière, d’une trentaine d’années comme très haut fonctionnaire des douanes, qui m’a conduit à de très hauts postes de responsabilités dans l’Administration des douanes camerounaises, dont celui très stratégique de Directeur en charge de la Division de l’Informatique où j’ai eu à mener d’importantes réformes qui ont notamment permis à cette Administration d’être pionnière dans certains domaines comme celui de la mesure de la performance dans les Administrations des douanes en Afrique Sub-saharienne.
J’ai personnellement porté cet axe de modernisation qui a, du reste, bénéficié du soutien de la Banque Mondiale et de l’Organisation mondiale des douanes, cette dernière Organisation internationale étant celle où j’ai terminé ma carrière administrative en occupant pendant dix ans, le poste d’Administrateur technique principal qui m’a permis de mener plus d’une centaine de missions régionales et nationales d’Assistance technique et de Renforcement des capacités auprès des 184 pays membres que cette Organisation comptait à l’époque.
C’est donc auréolé de tout ce parcours particulier que j’ai, en Mars 2022, avec le soutien du Gouvernement du Cameroun et de l’Union Africaine, été désigné candidat du Cameroun et de toute l’Afrique au poste de Secrétaire général adjoint de l’Organisation mondiale des douanes (OMD) et, malheureusement, par le jeu parfois malsain des élections et de la géopolitique mondiale, j’ai manqué ce qui aurait été, pour moi, pour le Cameroun et pour l’Afrique entière, une consécration en perdant, sur le fil, les élections organisées en Juin 2022 à Bruxelles au siège de l’OMD.
Au lendemain de cette élection manquée, j’ai fait le choix de rentrer immédiatement au pays pour poursuivre, avec un groupe d’Associés tous camerounais et très engagés, l’implantation du Groupe EB-PARTNERS qui se révèle, chaque jour, comme une marque de référence dans le domaine du conseil et du consulting au Cameroun et en Afrique.
Vous avez consacré plus de 30 ans à la douane, entre le Cameroun et l’international. Qu’est-ce qui vous a attiré vers cet univers ? Un rêve d’enfance?
Je n’y suis pas entré par vocation initiale, c’est clair. Mon ambition était plutôt orientée vers la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique Centrale) ou la diplomatie en référence à deux personnes que j’ai côtoyées dans mon enfance et ma tendre jeunesse. Mais après avoir manqué ces concours, j’ai présenté celui de l’ENAM (Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature), qui constituait, en réalité, l’une des voies les plus sélectives d’accès à la haute administration avec, à l’époque, une vingtaine d’admis seulement pour plusieurs milliers de candidats. C’est ainsi que j’ai intégré le corps des Douanes.
Au-delà des circonstances, j’y ai trouvé un environnement en parfaite adéquation avec une aspiration plus profonde : l’ouverture à l’international. Très tôt, j’ai eu accès à des formations de haut niveau et à des missions à l’étranger, notamment au sein de la CEMAC et de l’Organisation mondiale des douanes (OMD).
Ceci m’a notamment permis d’acquérir une expertise de très haut niveau et de développer un puissant réseau, toutes choses qui me sont actuellement bénéfiques dans le métier du Conseil où il faut absolument allier compétence, expertise, capacité de travail et entregent, entre autres.
A la vérité, je continue de consacrer ma vie à la Douane mais comme Expert en Douane Agréé, comme Conseiller en modernisation douanière et Conseiller technique et Opérationnel accrédité par l’OMD dans plusieurs domaines liés à la facilitation des échanges et comme Expert FMI en Administration douanière. Tout cela me permet, naturellement, d’accompagner les Administrations des douanes dans leurs projets de modernisation et de réformes mais surtout d’assister les entreprises dans tous les domaines qui nécessitent une expertise douanière.
Après une dizaine d’années passées à l’Organisation mondiale des douanes, vous avez choisi de rejoindre un cabinet privé panafricain. Pourquoi EB-Partners précisément ? Qu’est-ce qui vous a séduit dans cette aventure ?
Avant de rejoindre l’OMD, j’étais, comme je l’ai mentionné plus haut, Directeur en charge de la Division de l’Informatique de la Douane et après plus de trois années à cet important poste, j’avais commencé à me sentir à l’étroit et j’avais donc pris, contre toute attente, l’option de poursuivre ma carrière à l’international, le naturel que j’avais tenté de chasser, plusieurs années durant, étant naturellement revenu au galop.
Fort heureusement pour moi, un poste d’Administrateur technique s’est ouvert à l’OMD et, après un processus de sélection hautement compétitif, j’ai été retenu à ce poste en remplacement d’un collègue belge arrivé en fin de contrat. J’y ai donc passé 10 ans et conduit plus d’une centaine de missions régionales et nationales d’Assistance technique et de Renforcement des capacités auprès des administrations des douanes du monde entier.
A la fin de mon contrat alors même que j’avais plusieurs propositions et opportunités de postes dans les Organisations internationales et les multinationales, j’ai fait le choix de rentrer au pays afin de donner un autre sens à ma carrière.
Il se trouve qu’avant la fin de ma carrière internationale à l’OMD, j’avais déjà engagé une réflexion très avancée pour ma reconversion sur un projet de Cabinet d’expertise douanière. Et dans cette perspective j’avais évoqué cette vision et mon projet de fin de carrière avec mon ami et collègue Emile BITOUNGUI qui m’avait précédé dans l’activité du Conseil et du Consulting et qui avait déjà maturé le projet EB-PARTNERS qui s’est donc présenté pour moi comme une aubaine puisque je pensais effectivement soit mettre sur pied, soit participer à la construction d’un Cabinet de référence inspiré des standards internationaux dans le domaine et adossé sur une expertise et des compétences camerounaises et africaines.
C’est donc, très opportunément que j’ai été séduit par le projet déjà mature qui s’est présenté à moi et que j’ai donc rejoint, quelques mois après mon retour définitif au pays, la marque de référence EB-PARTNERS GROUP et mis en place le premier et, actuellement unique, Cabinet d’expertise douanière disposant d’un agrément CEMAC, en tant que personne morale, EB-PARTNERS DOUANE porté par deux Experts en douane disposant, à titre individuel, d’un agrément CEMAC.

EB-Partners Douane est l’un des pôles stratégiques du groupe. Quelle est la vocation de ce département et comment s’articule-t-il avec les autres entités d’EB-Partners ?
EB-PARTNERS DOUANE est un Cabinet d’expertise douanière agréé CEMAC qui se positionne comme une pièce complémentaire de l’activité du Groupe EB-PARTNERS dans le but d’offrir à notre clientèle une assistance à 360° comme l’a indiqué notre Senior Partner.
Il s’agit pour nous de mener une activité conforme à nos principales lignes de services de soutien et d’accompagnement aux entreprises auxquelles nous procurons une assistance permanente dans tous les domaines des douanes et des changes, une assistance ponctuelle dans le cadre des contrôles et contentieux douaniers, une assistance dans le cadre de la négociation des protocoles et l’obtention des avantages et facilités douanières ainsi qu’une assistance dans le cadre des études diverses notamment en vue de la signature des conventions d’investissement avec l’API et l’APME.
Nous insistons notamment sur l’anticipation et suggérons fortement aux entreprises notre service d’assistance à revue des opérations pour leur permettre de mieux maîtriser les risques auxquels elles sont exposées de manière à envisager des solutions de mitigation desdits risques et assurer une meilleure prévisibilité de leurs opérations d’exploitation courante.
EB-PARTNERS DOUANE se positionne également comme une force de propositions ou une véritable boîte à idées pour les administrations des douanes en leur apportant le regard externe du secteur privé afin de leur présenter les difficultés auxquelles font face les entreprises dans l’application quotidienne de la législation et la réglementation douanières de manière à envisager avec ces administrations une meilleure orientation des politiques publiques.
Quelles sont aujourd’hui les principales attentes de vos clients, et quelle valeur ajoutée apporte EB-Partners Douane ?
Dans l’industrie Conseil et du Consulting en matière douanière, les clients attendent aujourd’hui qu’on leur apporte une expertise pointue et actuelle sur les réglementations pour leur permettre d’accroître leur capacité à optimiser les coûts et réduire les risques par une meilleure efficacité, une approche personnalisée (adaptée à leur secteur), une transparence et une communication claire, ainsi qu’un soutien concret à la mise en œuvre des améliorations pour une conformité sans faille.
C’est pour cela que nous insistons à EB-PARTNERS DOUANE sur nos services d’assistance douanière permanente par laquelle nous offrons un accompagnement sur mesure et l’assistance à revue anticipative des opérations douanières. Nous savons, à EB-PARTNERS DOUANE, que les entreprises recherchent, en se rapprochant de nous, un partenaire capable non seulement de leur donner des informations, mais surtout de les assister et de transformer ces informations en actions concrètes pour sécuriser leurs opérations et améliorer leur performance économique.
Pour cela, nous nous attelons, au quotidien, à avoir une maîtrise parfaite des dernières règles et des évolutions réglementaires afin de toujours développer une expertise adaptée au besoin des entreprises et à améliorer toujours notre capacité à auditer les opérations existantes et identifier les failles.
La communication est aussi très importante pour la compréhension des besoins des entreprises car un consultant qui écoute, comprend mieux les enjeux spécifiques du client.
“ La progression du Cameroun en matière de modernisation douanière est très bonne et augure de très bonnes perspectives dans un très proche avenir
Si vous deviez situer le Cameroun sur la carte mondiale de la modernisation douanière, où le placeriez-vous ?
De mon point de vue, le Cameroun se situe dans une phase de modernisation douanière active avec des efforts notables pour moderniser ses infrastructures et s’aligner sur les standards internationaux (OMC, OMD, ZLECAf notamment) pour faciliter les échanges tout en luttant contre tout genre de fraudes. En cela, il se positionne dans la carte mondiale de la modernisation douanière, pour reprendre votre expression, comme un acteur en progression en Afrique Centrale et dans le monde.
On observe une introduction progressive et accrue de nouvelles technologies et un développement des partenariats pertinents avec des acteurs divers pour automatiser et fluidifier les procédures, passant ainsi d’une douane traditionnelle à une douane moderne. Le pays participe activement aux initiatives de l’Organisation mondiale des douanes (OMD) pour renforcer les capacités, lutter contre la corruption et améliorer la performance. En cela il se rapproche inexorablement des bonnes pratiques mondiales.
En gros, la progression du Cameroun en matière de modernisation douanière est très bonne et augure de très bonnes perspectives dans un très proche avenir.
Vous avez mené plusieurs projets novateurs, notamment la migration du système informatique de dédouanement camerounais vers le SYDONIA. Quel regard portez-vous sur la digitalisation douanière en Afrique centrale aujourd’hui ? Sommes-nous sur la bonne trajectoire ?
Il est constant que toutes les administrations des douanes en Afrique centrale, comme les administrations sœurs des autres pays africains, utilisent toutes des systèmes informatiques de dédouanement à l’instar de SYDONIA qui est un progiciel développé par la CNUCED et qui est effectivement utilisé par cinq pays d’Afrique centrale à l’exception du Cameroun qui utilise actuellement CAMCIS.
Vous faites bien de mentionner que j’ai porté effectivement, en 2007 déjà, la migration du système informatique de dédouanement camerounais de ce qui était alors PAGODE (Procédures automatisées de Gestion des Opérations de Douane et du Commerce Extérieur) vers le SYDONIA (Système Douanier Automatisé).
Je dois dire que cette migration a constitué une évolution très importante dans les douanes camerounaises et a soutenu l’importante réforme qui a consisté à mettre en place un système de mesure de la performance. Cette démarche des douanes camerounaises avait pour originalité de privilégier le contrôle de l’exécution du service comme clé de voûte de la réforme.
L’objectif a été notamment de renforcer la chaine hiérarchique en responsabilisant chacun de ses maillons à l’aide d’indicateurs d’activité, de performance, de contrôle et de risques pour donner une meilleure visibilité de l’action de la douane, une meilleure lisibilité de l’activité sur le terrain et disposer d’un outil efficace d’aide à la décision. Ceci a constitué une étape très importante dans le processus d’automatisation de l’administration des douanes du Cameroun et ce mouvement a été observé dans toutes les administrations des douanes sous l’impulsion de l’Organisation mondiale des douanes et des évolutions technologiques en cours.
Il se trouve, malheureusement, qu’au Cameroun, comme dans la plupart des pays d’Afrique centrale, l’automatisation des procédures restent partielle et on observe encore une survivance des procédures papier et manuelle en parallèle des procédures automatisées. Une telle situation de procédures douanières semi-automatisées est de nature à maintenir toujours de forts contacts entre les usagers et le service des douanes, contacts qui sont toujours source de corruption et de traitement à la tête du client.
Au regard de la connaissance que j’ai des pratiques dans ces administrations des douanes dans le monde entier, je peux me permettre de dire qu’elles sont dans une bonne trajectoire en matière de digitalisation mais il faut absolument consolider cette tendance dans la perspective d’un environnement ‘paperless’ ou ‘zéro papier’ pour plus de facilitation et de sécurisation de la chaîne logistique et des procédures de dédouanement et d’enlèvement des marchandises.

Que manque-t-il encore pour que la douane camerounaise — et plus largement africaine — devienne un véritable levier de compétitivité et de développement économique ?
Je ne suis pas sûr d’être en parfaite position pour parler de façon plus précise de ce sujet mais je peux me permettre un regard purement externe qui peut, naturellement, comporter des insuffisances justifiées par la méconnaissance de tous les projets en cours dans cette administration ou ces administrations des douanes. De mon point de vue et au regard de la connaissance que j’ai de ces administrations que j’ai eu le privilège de côtoyer pendant plusieurs décennies, je peux me permettre de dire que, pour que les douanes camerounaises et, plus largement, les douanes africaines deviennent un véritable levier de compétitivité, il est crucial de surmonter plusieurs obstacles structurels, notamment en matière de gouvernance, de modernisation des infrastructures et de simplification des procédures.
Il est évident que dans tous les corps de métier, la corruption persistante et le manque d’intégrité constituent des freins majeurs qui entraînent des coûts supplémentaires et de l’imprévisibilité pour les opérateurs économiques.
Un engagement à long terme de la part des secteurs public et privé pour renforcer l’éthique et la transparence est donc essentiel. Je sais que les douanes camerounaises ont mis en œuvre plusieurs initiatives spécifiques pour combattre la corruption en combinant des approches de modernisation, de sensibilisation et de contrôle renforcé. Il est important que le cap soit maintenu et que de telles initiatives et actions soient renforcées.
Bien que des efforts d’automatisation aient été engagés, des lacunes subsistent dans l’infrastructure physique et numérique, ainsi que dans la formation du personnel pour exploiter pleinement les outils modernes.
La lourdeur administrative et la complexité des législations et réglementations continuent de ralentir considérablement les échanges commerciaux et la compétitivité des entreprises ainsi que leur capacité à pénétrer les marchés internationaux. Une meilleure coordination et l’harmonisation des réglementations entre les pays sont nécessaires pour fluidifier le commerce intra-africain. La mise en œuvre effective des régimes économiques et des procédures simplifiées reste essentielle pour réduire les délais et les coûts logistiques, rendant l’économie plus compétitive.
En gros, c’est par une combinaison de volonté politique, de réformes structurelles ciblées et d’une meilleure intégration régionale et africaine que les douanes africaines pourront pleinement jouer leur rôle de moteur économique.
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EB-Partners Douane, c’est définitivement la référence dans l’industrie du Conseil et du Consulting en matière douanière au Cameroun et dans la sous-région d’Afrique centrale.
Un dernier mot ?
Je voudrais très sincèrement saluer l’initiative de vous rapprocher de moi afin que nous abordions certaines questions importantes et surtout saisir l’opportunité que vous m’offrez pour recommander très fortement aux entreprises le premier Cabinet d’expertise douanière agréé CEMAC, EB-PARTNERS DOUANE, membre du Groupe EB-PARTNERS et de l’International Fiscal Association (IFA).
C’est définitivement la référence dans l’industrie du Conseil et du Consulting en matière douanière au Cameroun et dans la sous-région d’Afrique centrale. C’est d’ailleurs la seule référence, constituée en Société par Actions Simplifiées (SAS), officiellement agréée par la CEMAC comme Cabinet d’Expertise douanière. Je vous remercie.