« Certains professionnels perçoivent encore la transformation digitale comme une menace pour leurs emplois » Yvan Kuyo

Il est depuis Août 2022, en charge de la Transformation Digitale chez Solevo Group, sur l’ensemble de ses huit filiales en Afrique Centrale et de l’Ouest. Yvan Kuyo est un homme pressé, en quête perpétuelle de perfectionnement.

Avec plus de dix années d’expérience dans des secteurs variés tels que l’énergie, les télécoms, le conseil et la banque, ce manager ivoirien est devenu incollable sur les sujets liés à la transformation digitale.

Tout récemment, il était en mission au Cameroun pour effectuer le lancement de l’application « Mon Solevo », la première innovation du groupe Solevo en 75 ans d’existence. Nous l’avons rencontré !

Dans cet entretien, Yvan kuyo fait le point sur les enjeux actuels de la transformation digitale en Afrique, nous parle de la solution « Mon Solevo » et donne son avis sur le développement du Métavers, cette innovation au cœur de l’avenir de la tech.

Bonjour Monsieur Kuyo. Que doit-on savoir sur vous et sur votre parcours professionnel ?

Je suis Yvan KUYO, Ivoirien expert en Transformation Digitale et gestion de la donnée. Je compte à mon actif plus d’une dizaine d’années d’expérience et j’évolue dans le domaine des nouvelles technologies.

Je suis diplômé d’un BCA (Bachelor of Computer Application) avec pour dominante principale le développement d’applications, la sécurité informatique, les bases de données et le réseau informatique et un MCA (Master of Computer Application) avec pour dominante principale le Big Data. Tous les deux obtenus à l’Université de Bangalore en INDE.

Passionné des nouvelles technologies et d’innovation, j’ai eu la chance dans ma carrière de travailler sur quatre (4) programmes de transformation digitale pour diverses entreprises entre autre pour le MCLU (Ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme de la république de Côte d’Ivoire) et le programme de transformation Digitale de la Banque Africaine de Développement. Ce qui m’a permis d’avoir une ouverture d’esprit sur comment répondre de manière précise à un besoin exprimé par les utilisateurs en utilisant les méthodes et les outils digitaux.

Ce que l’on doit aussi retenir de mon parcours professionnel, c’est qu’il est jonché de plusieurs expériences internationales en Asie, en Afrique francophone et anglophone dans divers secteurs d’activités tel que les télécoms, l’énergie, le conseil notamment avec le cabinet Deloitte, la banque et le secteur agricole dans lequel j’évolue actuellement.

Aujourd’hui, je suis chargé de la Transformation Digitale pour une multinationale exerçant dans l’agri-business sur l’ensemble de ses huit filiales en Afrique Centrale et de l’Ouest.

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Qu’est-ce qui vous a conduit à faire carrière dans ce métier ?

Depuis tout petit, j’ai un attrait particulier pour comprendre la mécanique des appareils si bien que j’étais souvent celui-là qui démontait les équipements électroniques et électroménagers de la maison. Le déclic s’est fait lorsque mon père a acquis un ordinateur familial avec pour système d’exploitation (Windows 95). Je passais le clair de mon temps à expérimenter la connectivité entre mon piano et l’ordinateur en question.

C’est alors que j’ai découvert la technologie MIDI (Musical Instrument Digital Interface) qui est un protocole de communication et un format de fichier dédiés à la musique, et utilisés pour la communication entre instruments électroniques, contrôleurs, séquenceurs, et logiciels de musique.

Une partie de l’énigme dans ma quête de création musicale via ordinateur venait d’être résolue. Il fallait après trouver le bon logiciel qui me permettrait de faire de la programmation musicale via ordinateur.

C’est ainsi que j’intègre la notion de programmation dans mes aptitudes. La formule Programmation musicale via ordinateur + Passion pour les nouvelles technologies = Programmation Logiciel était le mix parfait me concernant pour répondre à des besoins simples avec des solutions technologiques.

J’ai étudié et commencé ma carrière en tant que programmeur de logiciels informatiques et gestionnaire de base de données. Ce fut des années d’apprentissage de la logique et de la conception des logiciels informatiques.

Par la suite, j’ai été amené à gérer de plus en plus de projets informatiques et la notion de gestion de projet s’incrusta au fur et à mesure dans mes compétences au point de me conduire progressivement vers la gestion de projets numériques puis des programmes de transformation digitale.

Quels sont les principaux enjeux auxquels l’Afrique est confrontée en matière de transformation digitale et d’innovation technologique ?

En matière de transformation digitale et d’innovation technologique, l’Afrique est confrontée à des enjeux de divers ordres.

Nous pouvons citer entre autres les infrastructures et connectivités limitées, la faible pénétration des technologies, l’accès aux financements et d’investissement, les défis réglementaires et légaux, la sécurité et la confidentialité, l’inclusion sociale et économique etc.

Prenons le temps de faire un focus sur certains enjeux cités plus haut (infrastructures et connectivités limitées, la faible pénétration des technologies, l’accès aux financements et d’investissement) pour nous permettre de mieux les comprendre et d’en avoir quelques éclaircissements.

Faible pénétration des technologies : Nous sommes tous d’accord que le taux de pénétration des technologies en Afrique varie considérablement d’un pays à l’autre et d’une technologie à une autre. Cependant, nous constatons que les taux de pénétration des technologies en Afrique sont plus bas que dans d’autres régions du monde en raison des défis structurels et économiques.

Pour avoir quelques métriques globales, en 2021, le taux de pénétration d’Internet pour l’Afrique était d’environ 28%, selon les données de l’UIT (l’Union internationale des télécommunications).

Environ 44% de la population africaine possédait un téléphone mobile en 2021 selon les données de l’UIT en ce qui concerne le taux de pénétration des téléphones mobiles.

Sans oublier que les services financiers mobiles, tels que les paiements mobiles et les services bancaires, ont connu une croissance significative en Afrique. Environ 46% de la population adulte en Afrique subsaharienne avait accès à des comptes financiers mobiles en 2021, selon la Banque mondiale.

En Afrique, l’utilisation des services financiers mobiles a considérablement augmenté au cours des dernières années en raison de leur praticité et de leur accessibilité. Pour illustrer avec quelques exemples de pays, Le Kenya est l’un des leaders mondiaux en matière d’utilisation des services financiers mobiles grâce à M-Pesa. Environ 80% de la population adulte au Kenya utilise M-Pesa pour effectuer des transactions financières.

Environ 18% de la population adulte en Côte d’Ivoire avait accès à des comptes financiers mobiles en 2021, selon la Banque mondiale.

Je ne pouvais pas terminer ce paragraphe sans faire un clin d’œil à ma terre d’accueil qui est le Cameroun. Environ 23% de la population adulte au Cameroun avait accès à des comptes financiers mobiles en 2021, selon la Banque mondiale.

nous avons besoin d’une synergie entre les acteurs du secteur privé et les gouvernements pour la mise en place d’une politique de subvention pour aider les acteurs du secteur privé à intensifier leurs investissements dans les nouvelles technologies

Je voudrais souligner qu’il est important de noter que les taux d’utilisation des services financiers mobiles sont susceptibles d’évoluer rapidement en fonction de l’expansion continue de ces services, des efforts pour accroître l’inclusion financière et des changements dans les habitudes des consommateurs.

Enfin, nous ne pouvons pas clôturer cette section de la pénétration technologique en Afrique sans aborder les réseaux sociaux qui sont de plus en plus populaires en Afrique. Par exemple, en 2021, environ 24% de la population africaine était active sur les réseaux sociaux, selon les données de DataReportal.

Maintenant portons un regard sur les infrastructures et connectivités limitées : Selon l’UIT (l’Union internationale des télécommunications) les limitations d’infrastructures et de connectivité sont des problèmes majeurs dans de nombreuses régions d’Afrique. Ces limitations sont généralement attribuées à plusieurs facteurs, tels que le manque d’investissement.

Nous savons tous que les infrastructures de communication nécessitent des investissements et financements significatifs pour leur développement, leur mise à niveau et leur maintenance.

D’une part, nous avons besoin d’une synergie entre les acteurs du secteur privé et les gouvernements pour la mise en place d’une politique de subvention pour aider les acteurs du secteur privé à intensifier leurs investissements dans les nouvelles technologies.

D’une autre part, les gouvernements dans leurs politiques doivent favoriser le climat des affaires pour permettre à des ventures ou autres organes de financement d’accompagner les jeunes entreprises et startup qui se spécialisent de plus en plus dans l’innovation, la recherche et le développement pour leur permettre de déployer leurs potentiels pour une amélioration de l’efficacité, de la productivité et de la qualité de vie.

Quels sont les domaines spécifiques où vous avez constaté un fort impact de l’innovation technologique en Afrique, en termes d’amélioration de l’efficacité, de la productivité et de la qualité de vie ?

Cette question est pertinente car elle nous emmène, nous acteurs des nouvelles technologies à avoir une vue holistique et détaillée sur les domaines spécifiques où l’innovation à un rôle capital à jouer en Afrique.

Nous parlions précédemment des services financiers mobiles qui ont permis à des millions de personnes auparavant non bancarisées d’accéder à des services bancaires, de réaliser des paiements, de transférer de l’argent et d’accéder à des crédits. Une vraie innovation dans la chaîne de valeurs financières.

Nous pouvons également parler d’agriculture et agroalimentaire où les technologies telles que les applications mobiles d’information agricole, les systèmes d’irrigation intelligents et la surveillance des cultures ont amélioré les rendements, la gestion des ressources et la résilience face aux changements climatiques.

L’un des domaines spécifiques où j’ai constaté un fort impact de l’innovation technologique est la santé. Les innovations telles que les applications de télémédecine, les bases de données de santé numériques et les technologies de diagnostic à faible coût ont permis une meilleure accessibilité aux soins de santé, en particulier dans les zones reculées. J’ai encore plus ressenti cet impact lors de la crise à COVID-19.

Je pourrais citer d’autres domaines comme l’éducation avec des plateformes d’apprentissage en ligne, l’énergie, le e-commerce, le e-gouv qui sont les technologies qui ont été utilisées pour améliorer la transparence, faciliter la participation citoyenne et renforcer la gouvernance démocratique.

Les réseaux sociaux, les applications de messagerie et l’accès à l’information en ligne ont renforcé la communication, la diffusion d’informations et la connectivité entre les personnes.

Les infrastructures et le transport avec leurs applications de covoiturage, les solutions de navigation, et les systèmes de gestion du trafic ont amélioré la mobilité urbaine et l’efficacité du transport.

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Certains employés perçoivent la Transformation digitale comme une menace pour leurs emplois. Quel regard portez-vous sur ce sujet ?

Selon une étude du cabinet Deloitte à travers son pôle capital humain, 87 % des dirigeants mettent en priorité stratégique la gestion et la conduite du changement.

En effet, il ne faut pas se voiler la face, certains salariés perçoivent aujourd’hui la transformation digitale comme une menace pour leurs emplois. Dans ce contexte en perpétuelle mutation qui fait appel à de nouveaux métiers, à une nouvelle forme de collaboration, nous devons être attentifs aux signaux envoyés par certains salariés qui auront besoin d’un accompagnement dans ce changement de paradigme.

Pour moi, c’est tout là le sens du mot “Transformation” dans le terme Transformation Digitale. Nous transformons quoi ? Qui ? Et comment ? C’est là pour moi l’essence même d’une telle problématique.

la conduite du changement est essentielle, et même obligatoire dans tout processus de transformation digitale

Je pense à juste titre que le mot “Transformation” remet au centre l’humain dans toute innovation. Comment transformer l’humain pour lui permettre d’être à son maximum de capacité quand il s’agit de l’utilisation de ses nouvelles technologies.

Mettre les collaborateurs (l’humain) au centre de la stratégie de transformation digitale va nous permettre entre autres : de pouvoir faire du renforcement des capacités, de pouvoir avoir une bonne adéquation générationnelle, de pouvoir augmenter le rendement car certaines tâches seront automatisées, de permettre l’introduction de nouveau métiers (Spécialiste en Intelligence Artificielle (IA), Analyste de Données, Expert en SEO et SEM, Spécialiste en Expérience Utilisateur (UX),) etc.

Pour ma part, la conduite du changement est essentielle, et même obligatoire dans tout processus de transformation digitale.

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Pouvez-vous partager des exemples concrets de projets que vous avez mis en place pour favoriser la transformation digitale et l’innovation technologique au sein de Solevo Group ? Mieux, comment ont-ils été accueillis par vos collaborateurs ?

Bien sûr avec plaisir. Comme vous le savez, j’évolue désormais dans le secteur agricole et nous avons de nombreuses innovations dans ce qu’il est convenu d’appeler « Agri 4.0 ». Pour ce qui concerne Solevo Group, la problématique était la suivante : Comment avoir une visibilité, une traçabilité transactionnelle dans la chaîne de valeur ? D’autant que, Solevo Group a une chaîne de valeur qui inclut un réseau de distributeurs qui vendent aux détaillants, lesquels à leur tour, approvisionnent les fermiers.

Dans un premier temps, il a fallu repenser le mode d’interaction entre Solevo Group et ses distributeurs avant de pouvoir mettre en place un ensemble de solutions digitales pour accompagner ce changement. Les problématiques étant identifiées, j’ai mis en place une feuille de route de transformation digitale qui a été approuvée par le conseil d’administration.

J’ai plusieurs projets dans ma feuille de route comme des applications, des logiciels de gestion de la force de vente, des logiciels de gestion de la fidélisation. Mais permettez-moi de faire un focus sur la manière dont nous avons apporté une solution digitale à une problématique de manque de visibilité et de traçabilité avec le lancement de l’application « MonSolevo ».

J’en parle avec fierté car c’est la première innovation du groupe en 75 ans d’existence, mieux c’est la première application du genre dans le domaine de l’agri trade. MonSolevo est une application qui aura trois phases principales, nous avons déjà lancer la phase 1 qui est opérationnelle et elle consiste entres autres à : Consulter la limite de crédit ; télécharger les relevés de compte ; afficher l’état des commandes ; vérifier les marchandises disponibles ; télécharger les bons de livraison.

Dans la phase 2, nous permettrons aux utilisateurs de Passer des commandes et Gérer les enlèvements de produits. Et enfin, pour la phase 3, les utilisateurs pourront procéder au Paiement des factures via l’application

Pour revenir à la question sur le feedback des collaborateurs relativement à cette innovation, mon sentiment avec un peu plus de recul est mitigé. Vous m’auriez posé la question il y a quelque temps en arrière, la réponse allait être des plus optimistes, mais maintenant, je suis davantage dans une approche accrue de conduite de changement même avec les acteurs qui ne sont pas directement impliqués dans le processus qui touchent l’application.

J’en parlais lors d’une réunion de présentation des performances au personnel et l’une des questions des collègues m’avait fait prendre conscience que les signaux digitaux qui annoncent le changement drastique des processus métiers sonnait comme un bémol chez certains collaborateurs.

Ça a été naturellement une très belle occasion de les rassurer et de leur présenter le plan de conduite du changement et surtout de les rassurer sur le fait que chacun avait sa place au sein du dispositif de Solevo. Mieux, que j’avais besoin d’eux, de leurs retours d’expérience pour améliorer les solutions proposées.

Une question NewTech pour sortir de cet entretien : pariez-vous sur le développement du Métaverse ?

Belle question sur les prédictions. Mais avant tout, rappelons le concept du Métaverse. Le Métaverse, qui fait référence à un espace numérique tridimensionnel où les utilisateurs peuvent interagir, socialiser et participer à des activités diverses, gagner en attention et en investissements.

le Métavers a un avenir avec de belles opportunités pour l’Afrique mais à long terme car nous devons pour ce qui concerne les africains, régler des questions plus urgentes

En octobre 2021, Mark Zuckerberg, le PDG de Meta, a annoncé une réorientation stratégique majeure de l’entreprise vers le Métaverse. Il a décrit cette initiative comme la prochaine grande plateforme informatique, au-delà d’Internet.

Pour moi, le Métaverse a un avenir avec de belles opportunités pour l’Afrique mais à long terme car nous devons pour ce qui concerne les africains, régler des questions plus urgentes comme les données à caractère personnel et l’accessibilité à la connectivité pour ne citer que celles-ci.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes entrepreneurs et aux professionnels qui souhaitent se lancer dans le domaine de la transformation digitale ?

Le conseil est celui de pouvoir avoir une spécialité et sortir de la généralité. Nous avons de plus en plus de profils généralistes. Le monde du numérique est très vaste alors la question est souvent posée : que veux-tu faire comme activité dans la transformation digitale ?

Il faut donc pouvoir avoir une formation pour comprendre les aspects de la technologie ou pouvoir faire des certifications pour un renforcement des capacités sur, par exemple, des technologies-clés telles que l’IA, l’analyse de données, l’Internet des objets (IoT), la blockchain, etc. Cela sera plus utile pour saisir les opportunités offertes.

Un deuxième point est d’être en mesure de maîtriser les concepts de l’agilité car la transformation digitale est un ensemble de tâches avec des interdépendances fortes les unes par rapport aux autres. Il faut également introduire la notion de MVP (Minimum Viable Product) qui consiste à créer une version simplifiée et fonctionnelle d’un produit ou d’une fonctionnalité, qui contient les éléments essentiels nécessaires pour résoudre un problème ou répondre à un besoin spécifique.

Un troisième point et non des moindres, est de mettre l’utilisateur au cœur de la stratégie car dans le monde numérique, l’expérience utilisateur est cruciale. En somme, je peux dire que La transformation digitale offre d’énormes opportunités, mais cela exige également de la passion, de l’engagement et un désir d’apprendre en permanence.

Il est donc important d’aiguiser son sens de la curiosité, de l’ouverture d’esprit et surtout d’être prêt à innover pour réussir et se positionner dans ce domaine en perpétuelle évolution

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