Le développement des secteurs de l’énergie et de l’industrie en Afrique ne repose pas uniquement sur les investissements, les infrastructures ou les politiques publiques. Il dépend également de la disponibilité des compétences, de la capacité d’innovation, de la structuration des chaînes de valeur et de la coopération entre les différents acteurs de l’écosystème.
C’est sur ce terrain que souhaite intervenir l’Alliance Africaine pour l’Énergie et l’Industrie (AAEI), une organisation associative à but non lucratif qui ambitionne de créer davantage de passerelles entre les professionnels, les entreprises, les institutions, les experts et les talents du continent.
L’initiative part d’un constat : de nombreuses actions sont déjà conduites par les États, les institutions, les entreprises, les universités et les organisations professionnelles pour accompagner le développement industriel et énergétique de l’Afrique. Toutefois, la circulation des connaissances, le partage des expériences et la mise en relation des compétences peuvent encore être renforcés.
L’AAEI entend ainsi se positionner comme un espace de coopération et de complémentarité, plutôt que comme une structure appelée à se substituer aux dispositifs existants. Sa démarche consiste notamment à mobiliser des compétences africaines et celles de la diaspora pour favoriser les échanges entre les différents territoires et les filières professionnelles.
Huit programmes pour structurer les initiatives
Pour traduire cette ambition en actions, l’Alliance a articulé son intervention autour de huit programmes complémentaires, qui couvrent plusieurs dimensions du développement énergétique et industriel.
Le premier axe concerne le renforcement des compétences avec AAEI Academy, qui prévoit des formations, des masterclass et des parcours de montée en compétences destinés aux professionnels et aux personnes souhaitant évoluer dans ces secteurs.
L’innovation constitue un autre pilier de cette stratégie. Avec AAEI Innovation Bridge, l’organisation souhaite contribuer à la reconnaissance des solutions développées par des innovateurs africains et faciliter leur mise en relation avec des partenaires susceptibles de les accompagner. L’enjeu est notamment de donner davantage de visibilité aux initiatives locales et de favoriser leur accès à des opportunités de développement.
Cette démarche s’accompagne d’un volet consacré à la production et au partage de connaissances. À travers AAEI Knowledge Hub, l’Alliance prévoit de publier des notes sectorielles, des référentiels et des guides pratiques destinés à alimenter la réflexion et à fournir des ressources aux acteurs des différentes filières.
La question de l’intégration des entreprises locales dans les chaînes de valeur industrielles est également prise en compte. Le programme AAEI Supplier Excellence vise à accompagner les fournisseurs dans leur préparation aux exigences et aux standards des donneurs d’ordres. Un enjeu important pour les entreprises africaines qui souhaitent accéder à de nouveaux marchés et renforcer leur positionnement auprès des grands acteurs industriels.
L’organisation entend par ailleurs accorder une attention particulière à l’inclusion et au renouvellement des compétences. AAEI Women in Industry doit contribuer à la visibilité des femmes, à leur accès aux responsabilités et au développement du mentorat. De son côté, AAEI Young Talents entend faciliter l’orientation des jeunes, leur découverte des métiers de l’énergie et de l’industrie ainsi que leur employabilité.
Deux autres programmes complètent ce dispositif. AAEI Expert Network prévoit de mobiliser des experts autour de la transmission des savoirs et du mentorat, tandis que AAEI Industry & Energy Forum ambitionne de créer des espaces de dialogue et de rencontre entre industriels et institutions.
La diaspora comme levier de coopération
Au-delà de ses programmes, l’AAEI entend construire son réseau à partir de plusieurs points d’ancrage géographiques. Le Rwanda, le Sénégal, le Congo-Brazzaville, le Kenya, la Côte d’Ivoire et le Cameroun figurent parmi les pays concernés par les premières passerelles de coopération. La France occupe également une place dans cette dynamique, notamment en raison de son potentiel de mobilisation des compétences et des partenaires issus de la diaspora.
Pour l’Alliance, cette dimension internationale constitue un levier de circulation des expertises et de rapprochement entre les territoires. Les profils techniques, institutionnels, entrepreneuriaux et industriels établis en Afrique ou à l’étranger peuvent contribuer à la transmission des expériences et à l’émergence de nouvelles collaborations.
Cette orientation répond à une problématique importante pour les économies africaines : comment mieux mobiliser les compétences disponibles sur le continent et à l’extérieur pour accompagner le développement des filières locales ? L’AAEI souhaite apporter une réponse à travers des mécanismes de mise en relation, de partage d’expérience et de coopération avec les partenaires présents dans les différents pays.
Des ambitions qui devront se traduire en résultats mesurables
Sur un horizon de cinq ans, l’organisation entend consolider ses partenariats et déployer progressivement ses huit programmes, en fonction des besoins exprimés par les acteurs concernés.
L’adhésion à l’AAEI est ouverte aux entreprises, aux organisations, aux experts, aux professionnels de l’énergie et de l’industrie, aux associations, aux institutions, aux chercheurs, aux universités ainsi qu’aux jeunes porteurs de projets innovants. Les structures intéressées peuvent solliciter un formulaire d’adhésion auprès de l’organisation à l’adresse contact@aaeiorganisation.fr, en précisant leur profil et les programmes auxquels elles souhaitent contribuer.