Un nouveau dispositif de paiement entend se positionner comme une véritable alternative aux solutions financières classiques. Baptisée So‑eZ, contraction de « so easy » (« si facile »), cette carte prépayée combine la simplicité d’utilisation d’un téléphone mobile standard avec les fonctionnalités essentielles d’une carte bancaire.
Sa particularité : elle fonctionne sans smartphone ni connexion Internet, rendant l’accès aux services financiers possible même dans les zones les plus reculées.
Le projet vise à bâtir un nouveau réseau d’acquisition destiné principalement aux populations non bancarisées. Pour y parvenir, So‑eZ s’appuie sur la collaboration des banques et des institutions de microfinance, afin d’offrir une solution inclusive, sécurisée et adaptée aux réalités locales.
Un constat : l’exclusion financière et numérique
Au Cameroun, l’inclusion financière reste un chantier ouvert. Si le mobile money a progressé ces dernières années, une part importante de la population demeure en marge du système financier formel.
L’initiative part d’une réalité bien connue en Afrique subsaharienne. Plus de 140 millions d’utilisateurs de téléphones mobiles n’ont pas accès à une connexion de données. Par ailleurs, plus de 400 millions de personnes ne disposent pas d’un service financier actif.
Face à cette double exclusion — numérique et bancaire — So-eZ entend rapprocher le système monétaire de la facilité d’usage d’un téléphone mobile simple, sans smartphone ni accès Internet.
Comment fonctionne la carte So-eZ ?
So-eZ est une carte prépayée dont les fonds sont conservés chez l’émetteur, qui peut être une banque ou une institution de microfinance.
L’obtention de la carte se fait via une agence mobile So-eZ qui se déplace sur les marchés et dans les zones ciblées. La carte est établie sur place au nom de l’utilisateur. Elle intègre une puce unique, un numéro dédié à chaque transaction ainsi qu’un système d’identification par empreinte digitale.
Le coût d’accès est fixé à 3 900 FCFA pour l’émission initiale, puis 1 500 FCFA par mois d’abonnement. Aucun frais n’est appliqué sur les transactions, les dépôts ou les retraits, selon les informations fournies.
Du point de vue de l’usage, la carte fonctionne avec un téléphone mobile standard, sans besoin d’Internet. Les marchands n’ont pas besoin de terminal de paiement électronique (TPE) pour accepter les paiements. En revanche, l’enrôlement et les opérations de retrait d’argent (cash out) utilisent un TPE spécifique permettant notamment le contrôle de l’empreinte digitale.
L’objectif affiché est de permettre aux utilisateurs de payer et de recevoir de l’argent sans avoir à se déplacer avec des espèces.
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L’obtention de la carte se fait via une agence mobile So-eZ qui se déplace sur les marchés et dans les zones ciblées. La carte est établie sur place au nom de l’utilisateur
Une solution ciblant en priorité les zones rurales
Les premières cibles identifiées sont les populations rurales, les petits commerçants, les salariés et les agriculteurs. Le projet ne prévoit pas de restriction liée à l’âge ou à la catégorie socioprofessionnelle.
La volonté affichée est d’aller recruter les porteurs directement sur le terrain, notamment dans les zones éloignées des centres urbains, afin de connecter le plus grand nombre.
Lancement au Cameroun et ambition régionale
Le Cameroun est le premier pays visé pour le déploiement de So-eZ. Le projet prévoit une extension rapide vers plusieurs autres pays de la zone CEMAC et de l’UEMOA dans les années à venir.
À moyen terme, l’ambition est d’atteindre un équilibre financier sur plusieurs marchés afin de pouvoir autofinancer un déploiement plus large en Afrique subsaharienne.
Dans un environnement marqué par la forte présence des services de mobile money, So-eZ propose une approche différente, fondée sur la carte prépayée et la biométrie, sans dépendance à la connexion Internet.
Les promoteurs du projet misent sur un modèle combinant proximité, simplicité technologique et coûts fixes pour répondre aux défis de l’inclusion financière sur le continent.