« L’Afrique veut s’occidentaliser alors qu’elle doit avoir sa propre identité » Landry Milingo

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mars 13, 2024

Dans une démarche louable visant à promouvoir l’autosuffisance alimentaire et l’autonomisation économique des femmes congolaises, l’association LIBOKE, sous la houlette de son président fondateur Landry Milingo, a récemment acquis des centaines d’hectares de terres arables.

Le but de cette initiative est de créer une coopérative agronome dédiée aux « Mamans maraichères », afin de leur fournir les outils nécessaires pour cultiver la terre et assurer leur subsistance. Des formations spécifiques seront mises en place pour accompagner ces femmes dans leur projet, avec pour objectif ultime de favoriser leur autonomie économique.

Dans cet entretien accordé à la rédaction de Projecteur Magazine, Landry Milingo nous dévoile sa vision et les ambitions de l’association LIBOKE pour l’avenir de ces femmes courageuses et déterminées.

 

Votre association (Liboke) a récemment acquis des centaines d’hectares de terres arables afin d’y créer une coopérative agronome à destination des femmes congolaises. Quelles sont les grandes lignes et les objectifs de ce projet ?

 

Les grandes lignes de ce projet se définissent en 2 grands axes, la formation et l’entreprenariat. Nous devons doter ces femmes appelées communément des « Mamans maraichères » d’outils nécessaires pour faire naitre dans un premier temps une autosuffisance alimentaire et dans un second plan créer une autonomisation économique.

Pour ce faire des formations spécifiques seront disposées pour elles. Elles devront comprendre et apprendre. Comprendre que la terre (leurs terres) bien exploitée peut les émanciper et apprendre justement comment gérer cette émancipation. Nous devons également leur ouvrir les yeux sur le monde qui les entoure, c’est un défi car la plupart de ces femmes vivent en ruralité et n’ont pas accès aux grandes technologies notamment une des plus
importantes et formatrices « INTERNET ».

J’ai l’intime conviction que nous pourrons sauter des étapes pour qu’elles puissent prendre le train en marche. Mais pour que cette coopérative soit pérenne, nous devons être visionnaires et voir sur le long terme et surtout bâtir nos idéaux sur la jeunesse.

 

Concrètement, qu’est-ce qui va changer pour ces femmes ?

 

En étant actrices de la coopérative, les femmes seront de facto actrices du progrès. Qui dit progrès dit émergence. Emergence sociale tout d’abord en devenant des Leadership Womens en quelques sortes des patronnes pour franciser la formule. Ceci aura deux effets et pas des moindres. Nourrir l’égo et ça les poussera à aller plus loin dans la productivité. Elles deviennent aussi exemplaires et cela crée un courant de réussite que
de nombreuses femmes voudront adopter.

 

Quelques femmes qui seront accompagnées par l’association LIBOKE

 

Vous avez parlé de formation, de compétitivité et d’enjeux de demain. Seulement, vous vous adressez à une population rurale, réputée résistante au changement. Que comptez-vous mettre en place pour les inciter à changer leur « mindset » ?

 

Cette question est très pertinente et elle est dans l’entière continuité de ma réponse précédente. Le changement s’adopte par l’exemple. Si demain, plongé dans la précarité vous voyez votre voisin prospérer, vous vous poserez certainement des questions sur le mécanisme qu’il a enclenché pour acquérir cette nouvelle vie sociale et il passera par le moyen le plus adéquat pour vous l’enseigner, la communication et la sensibilisation.

Voilà les deux facteurs ou canaux nécessaires pour changer leurs mindset sur cette population dite  » réticente ou résistante  » au changement, tout en prenant l’exemple de la réussite. Une mentalité ne change pas, elle s’adapte à son nouvel environnement. Améliorons l’environnement et les mentalités s’adapteront.

 

Quel est votre regard sur le secteur de l’agriculture ou la pisciculture en Afrique ? Quelles sont selon vous les opportunités et les défis auxquels il fait face ?

 

Il faut d’abord avoir une vue panoramique du continent. En ayant cette vue, on se rend compte qu’il y’a une division. D’un côté le monde rural et de l’autre le monde urbain. La ruralité en déclin et en abandon n’a pas accès à la formation et aux nouvelles technologies alors que la richesse se trouve sous leurs pieds.

De l’autre côté, la ville où l’accès à l’information et la formation sont disponibles, le citadin ne voit pas la terre comme du business alors que celle-ci offre d’énormes opportunités bien meilleures que celles que nous pouvons trouver dans les bureaux. L’Afrique veut s’occidentaliser alors qu’elle doit avoir sa propre identité.

Le continent regorge de terres fertiles mais peu de main d’œuvre. Formons une nouvelle génération et faisons en sorte qu’elle s’approprie leurs terres. Sinon ce sont des étrangers qui viendront s’approprier leurs ressources
vivrières. Nous avons cette chance inouïe que nos terres arables sont pour le moment peu, voir pas du tout exploités. A nous de trouver le canal qui nous conduira à une richesse qui nous tend les mains.

 

Après la création de cette coopérative agronome et de pisciculture, quelle sera la prochaine étape pour l’association Liboke ? Avez-vous d’autres projets sur lesquels vous travaillez ?

 

Après et pendant la création de la coopérative agronome et de pisciculture, la prochaine étape pourrait être la mise en œuvre de plans stratégiques visant à assurer la croissance et la durabilité de l’association. En consolidant nos activités et nos acquis.

A titre personnel et en tant qu’ambassadeur du social et développement, j’espère faire un plaidoyer d’urgence auprès de l’union Africaine pour que les populations Africaines comprennent les enjeux de l’agriculture et de la pisciculture et surtout ce que cela peut apporter économiquement à notre cher continent. Nous devons faire un battage médiatique à grande échelle.

 

 

Que diriez-vous aux personnes qui souhaiteraient soutenir ou s’impliquer dans ce projet ? Est-ce qu’il y’a des préalables ?

 

Pour les personnes intéressées à soutenir ou à s’impliquer dans ce projet de coopérative agronome et de pisciculture, il faut pour moi maintenir des points cruciaux. Comprendre les objectifs de la coopérative et les besoins de la communauté, collaborer avec les locaux, et respecter les pratiques traditionnelles. On apprend beaucoup des ruraux.

Pour celles ou ceux qui veulent nous soutenir, leur dire que si y’a bien une chose qui ne trahit jamais c’est bien la terre et le moindre investissement est une garantie de prospérité. En ce qui concerne des préalables à proprement dits, patience, volonté, persévérance seront les clés de la réussite et du succès

 

Landry Milingo et quelques jeunes dans un village au Congo

 

Avez-vous l’intention de reproduire ce modèle dans d’autres pays ?

 

Oui nous l’envisageons. Nous faisons d’ores et déjà un état des lieux avec nos pays partenaires tels que le Sénégal, La Cote d’Ivoire et le Togo pour ne citer qu’eux. Donc d’ici peu de temps naitront de nouvelles coopératives LIBOKE en faveur des femmes

 

Un dernier mot ?

 

Bientôt l’Afrique nourrira le monde, le « tracteur est en marche ». Et la coopérative LIBOKE sera une des plus prospères du continent

 

 

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